> Les maladies du chat / Le coryza

1 - Définition
2 - Virologie
3 - Symptômes
4 - Lésions
5 - Diagnostic
6 - Pronostic
7 - Epidémiologie
8 - Prophylaxie
9 - Traitement

1 - Définition :
Le "coryza" ou "coryza contagieux du chat" ou "maladie virale respiratoire féline" est une maladie infectieuse, contagieuse d'origine virale, caractérisée cliniquement par une rhinite, une conjonctivite et une glossite.
C'est une affection fréquente, à pronostic peu grave et se limitant le plus souvent aux premières voies respiratoires.
Cette affection est due à des virus différents qui ne se singularisent pas par les symptômes.

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2 - Virologie :
Les virus responsables du coryza sont :
- Herpes virus.
- Calicivirus.
- Réovirus.

- L'herpès virus félin ou virus de la rhinotrachéite infectieuse féline :
C'est un virus à ADN, mesurant 150nm. Il est sensible à l'éther, le chloroforme et le formol. Il résiste 36h à 37°. Il est thermolabile et peu résistant. La culture est possible sur cellules uniquement montrant des inclusions intranucléaires et des lyses cellulaires.

- Le Calicivirus :
C'est un virus à ARN de 30nm. Il est très résistant. Il reste insensible aux solvants organiques et très résistant à la chaleur et au pH. La culture cellulaire est possible montant des inclusions intracytoplasmiques et périnucléaires.

- Le Réovirus :
C'est un virus à ARN de 75 nm, très résistant à la chaleur. Sa culture cellulaire est facile et montre des images de dégénérescence cellulaire, une lyse et des noyaux picnotiques.

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3 -  Symptômes :

Les symptômes communs :

- Chez l'adulte :
=> La phase de début est marquée par une hyperthermie de 39-40°, avec un état dépressif. On constate une conjonctivite, une congestion des amygdales et de la région pharyngée, une rhinite avec prurit nasal.

=> La phase d'état montre un jetage séreux bilatéral, abondant, devenant muqueux puis mucopurulent. Ce jetage, en séchant, forme des croutelles sur les narines. On constate un écoulement oculaire abondant, un chemosis et une procidence des corps clignotants, parfois une kératite et des ulcères cornéens. Ces affections sont souvent unilatérales puis s'étendent des 2 cotés. Le chat renifle, éternue, tousse, perd l'odorat ce qui entraîne l'anorexie. Parfois on peut observer un ptyalisme dû à des ulcères buccaux de la langue et du palais. Une adénite sous-maxillaire et rétropharyngienne est parfois remarquée. L'évolution s'étale sur 10 à 15 jours.


     Oedème cornéen.         Kératite.         Ulcères de la langue.

=> La phase terminale est annoncée par la guérison, fréquente mais parfois avec des séquelles dont la sinusite chronique et la conjonctivite chronique.

=> La sinusite chronique provient de la déformation des cornets naseaux : ils retiennent alors un mucus purulent, favorable au développement bactérien. On observe donc un jetage purulent, chronique et bilatéral. Un bruit respiratoire est constant.

=> La conjonctivite chronique avec larmoiement est très fréquente.


Ulcère cornéen.

=> La mort ne survient que très rarement, sauf chez les chats immunodéprimés.

- Chez le jeune de moins d'un mois :
Les seules différences notables sont l'apparition plus rapide des phénomènes purulents et l'installation de nombreuses séquelles graves comme une kératite pigmentaire, un entropion, un descemetocoele, une sinusite chronique. Des cas de mortalité par pneumonie ne sont pas rares.


Descemetocoele et ulcères buccaux.

Ainsi, chez le jeune, les symptômes sont semblables, mais l'évolution est beaucoup moins favorable et conduit à la mort ou à des séquelles graves.

Symptômes particuliers :

- Herpès virus :
L'incubation est de 2 à 10 jours, et on constate un jetage séreux, une conjonctivite avec larmoiement, des éternuements, de la toux et des complications oculaires fréquentes, surtout chez les jeunes chats. Les pneumonies mortelles sont rares.



     Complications                                    
 entraînant la cécité.   Descemetocoele.

- Calicivirus :
Les symptômes sont variables en fonction des sérotypes de calicivirus. Certains sérotypes ne provoqueront aucun symptômes, d'autres des pneumonies mortelles foudroyantes, avec tous les intermédiaires possibles : rhinite, ulcères buccaux.


Ulcères de la langue.

- Réovirus :
Les symptômes sont toujours bénins, sans anorexie ni fièvre. On observera une conjonctivite avec larmoiement et une gingivite.

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4 - Lésions :
- Herpès virus :
Au niveau du nez et des cornets nasaux on observera une congestion des muqueuses, puis une exsudation séreuse puis nécrotique puis purulente. On constate une sinusite, une inflammation du larynx et de la trachée. L'exsudat fibrineux est à l'origine de la toux.

Au microscope on observera des inclusions intranucléaires dans les cellules de la muqueuse des premières voies respiratoires.

- Calicivirus :
L'inflammation des muqueuses oculaires et nasales est nette. Des ulcérations de la langue et du palais sont notées. Des lésions de pneumonie avec multiplication des macrophages, hyperplasie et hypertrophie de l'épithélium des bronches et des bronchioles sont constantes.


Lésions de bronchopneumonie.

- Réovirus :
Les lésions de conjonctivite et de gingivite ne sont pas caractéristiques.

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5 - Diagnostic :
Le diagnostic clinique se fondera sur l'ensemble des symptômes communs et particuliers. L'association d'une rhinite, d'une conjonctivite et d'une stomatite prouve la présence d'un coryza. Les symptômes oculaires signeront plutôt la présence de l'herpès et les ulcérations celle du calicivirus.

Le diagnostic de laboratoire par isolement du virus ou recherche des anticorps sériques ne présente pas d'intérêt en pratique courante, sauf pour les collectivités de chats.


Kératoconjonctivite sévère avec chemosis, oedème cornéen et ulcère.

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6 - Pronostic :
Le pronostic est variable selon l'âge des chats atteints.

Chez l'adulte, le pronostic reste bon avec comme seules réserves la possibilité d'observer des récidives fréquentes et une diffusion virale assurée par de nombreux chats qui restent porteurs après guérison.

Chez le jeune, le pronostic est beaucoup moins bon, à cause des séquelles qui peuvent subsister le la mort toujours possible.

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7 - Epidémiologie :

- L'herpès virus :
Il est répandu dans le monde entier et prend un caractère enzootique dans les collectivités de chats. On constate des épidémies en milieu urbain. Il est à noter que certaines races sont plus sensibles comme le siamois et les croisements issus de siamois.

Il existe de nombreux porteurs sains qui n'excrètent le virus que lors de stress. De même, l'allaitement ou l'accouchement sont favorables à l'excrétion virale. On estime qu'en France, 80% des chats ont rencontré l'herpès virus.

- Le calicivirus :
Ce virus est très répandu en France. Il est excrété par les malades et de nombreux porteurs sains. Cette excrétion virale n'est pas sporadique mais continue.

- Le réovirus :
C'est un virus également très répandu. Il persiste dans le tractus respiratoire, mais peut également se retrouver dans les urines et les selles.

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8 - Prophylaxie :
La prophylaxie sanitaire passera par la réduction des effectifs de chats, le virus diffusant très facilement par voie aérienne et par la détection des porteurs sains pour pouvoir les isoler. Les mères seront séparées de l'effectif au moment de la mise bas.

La prophylaxie médicale fera appel aux vaccins à virus vivants qui sont plus efficaces mais qui possède un pouvoir pathogène résiduel provoquant parfois quelques éternuements et une réaction fébrile de 24h.

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9 - Traitement :
Le traitement laissera une place importante aux soins locaux : il faut nettoyer les yeux et les narines. La réhydratation est très importante ainsi que la réalimentation rapide de ces chats anorexiques. On utilisera donc une perfusion et une sonde oro-nasale jusqu'au retour de l'appétit.

Une antibiothérapie sera instaurée par voie générale et en aérosol à raison de séances de 20 à 30 minutes. La conjonctivite sera traitée par collyres antibiotiques.

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