> Les maladies du chat / La Péritonite Infectieuse Féline
1 - Définition
2 - Virologie
3 - Symptômes
4 - Lésions
5 - Diagnostic
6 - Pronostic
7 - Pathogénie
8 - Epidémiologie
9 - Prophylaxie
10 - Traitement
11 - Législation

1 - Définition :
La péritonite
infectieuse féline (P.I.F.)est une maladie infectieuse, contagieuse
, due à un coronavirus, caractérisée soit par
des exsudations dans les séreuses, soit par des granulomes
inflammatoires disséminés dans divers organes et évoluant
régulièrement vers la mort du sujet.
Historique
:
Entité clinique décrite pour la première fois
en 1963 aux États-Unis par Holzworth, la péritonite
infectieuse féline a été décrite en Europe
en 1968, puis en France en 1975. Depuis, des cas cliniques de P.I.F.
ont été enregistrés dans tous les pays européens
et sur tous les continents.
Cette maladie n'est pas spécifique
au chat domestique mais a également été décrite
chez les félidés sauvages : lion, jaguar, guépard,
léopard, lynx.

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2 - Virologie :
La péritonite infectieuse féline
est due à un coronavirus proche de celui de la gastro-entérite
du porc, du coronavirus entéritique du chien et d'un coronavirus
respiratoire de l'homme.
Le virus de la P.I.F. présente
un diamètre de 100nm. Son enveloppe lipidique rend ce virus
relativement fragile et sensible aux désinfectants courants.
Néanmoins il reste relativement résistant à la
sécheresse. Dans le milieu extérieur il résiste
jusqu'à 7 semaines.

Le cocoranavirus félin.
Les chats sont sensibles à
l'infection par 2 coronavirus félins, de deux types morphologiquement
identiques :
- Le coronavirus entéritique félin à l'origine
d'entérites banales
- Le virus de la péritonite infectieuse féline à
l'origine de la P.I.F.
Chacun
de ces 2 types comporte différentes souches, à virulence
extrêmement variable. La distinction repose également
sur la capacité du second à s'échapper du tractus
gastro-intestinal pour aller coloniser d'autres organes.
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3 - Symptômes :
L'incubation varie de quelques jours à
plusieurs semaines. Après déclaration des symptômes
cliniques, l'issue est presque toujours fatale. La mort survient généralement
en 3 à 6 semaines. Les expressions cliniques de la P.I.F. sont
très diverses. On en distingue deux grands types :
- La forme humide (ou exsudative).
- La forme sèche ( ou parenchymateuse ).
Les
deux formes sont parfois rassemblées sous une forme mixte.
La
P.I.F. débute par des signes initiaux non spécifiques
tels que fièvre résistante aux antibiotiques, manque
d'appétit, abattement, perte de poids, déshydratation.
L'évolution permet ensuite de différencier la forme
humide de la forme sèche, à développement plus
insidieux. Le chat est généralement présenté
en consultation à ce stade.

La forme humide :
Cette forme est caractérisée par une péritonite
accompagnée d'ascite (accumulation de sérosités
dans la cavité péritonéale), provoquant une distension
progressive de l'abdomen. Lors de la maladie chronique, un litre de
liquide peut ainsi s'accumuler. L'animal perd du poids et présente
une anémie, parfois compliquée d'ictère lors
d'atteinte hépatique sévère. Un quart des animaux
a des difficultés respiratoires, dues à un épanchement
pleural, avec dyspnée et parfois discordance. Des troubles
neurologiques ou oculaires accompagnent ces symptômes généraux
dans moins de 5% des cas. Le liquide de ponction est jaune, visqueux,
stérile, riche en protéines et de cellularité
variable, dominée par les polynucléaires neutrophiles.

La forme sèche :
D'évolution plus chronique, cette forme difficile à
mettre en évidence est caractérisée par des lésions
granulomateuses inflammatoires, ou des nécroses, au niveau
de la cavité péritonéale, des reins, du foie,
du pancréas, des yeux et du système nerveux central.
Les symptômes observés dépendent des organes atteints.
Les troubles neurologiques comme parésie, incoordination motrice,
hyperesthésie, nystagmus, démarche ébrieuse,
torticolis, paralysie des membres antérieurs ou postérieurs
ou oculaires comme uvéite, oedème de la cornée,
iridocyclite, chorio-rétinite, seuls ou associés, sont
les plus importants et les plus visibles. On les rencontre chez 60%
des chats atteints de forme sèche de P.I.F.

Uvéite.

Uvéite
hémorragique sévère.
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4 - Lésions :
- La forme humide :
A l'ouverture de la cavité péritonéale, outre
la présence du liquide d'ascite, ce sont les modifications
de l'épiploon et la présence de nodules sur toute la
séreuse des viscères qui sont les plus visibles. L'épiploon,
épaissi et gélatineux, se présente sous forme
d'un amas tissulaire situé très en avant dans la cavité
abdominale. Sur tous les organes abdominaux, sauf les reins, on observe
de nombreux nodules blanchâtres d'un diamètre de 0.5
à 3mm. Ces nodules sont situés dans la séreuse
des organes, mais peuvent s'étendre au parenchyme hépatique.
Ces lésions sont alors accompagnées d'un ictère
généralisé. Si l'évolution de la maladie
a été suffisamment longue, on observe une extension
des lésions à la cavité thoracique, la plèvre
et le péricarde.

L'ensemble des organes est recouvert
d'un exsudat grisâtre et fibrineux
- La forme sèche :
Les lésions oculaires sont celles d'une uvéite ou d'une
chorio-rétinite souvent compliquée de décollement
rétinien.
Les lésions rénales
sont caractérisées par une hypertrophie bilatérale,
la surface du rein apparaissant irrégulière par la présence
de granulomes.
Les lésions hépatiques sont celles d'une hépatite
granulomateuse et nécrosante. Le foie apparaît hypertrophié.
Un ictère peut être observé.

Les lésions pulmonaires se
présentent sous la forme d'une pneumonie granulomateuse.
Le système nerveux central montrent des lésions granulomateuses
près des vaisseaux des méninges, du cerveau, des plexus
choroïdes et des régions sous-épendymaires.
- Signes hématologiques :
Les modifications essentielles notées pendant et en fin d'évolution
sont :
=> une diminution progressive du nombre des globules rouges, aboutissant
à une anémie normochrome, normocytaire, arégénérative.
=> le maintien du nombre des globules blancs et parfois même
une légère leucocytose.
=> une augmentation des valeurs des phosphatases alcalines, des
transaminases, de la bilirubine, de l'urée dans 20 à
30% des cas
=> une hyperprotéinémie avec un rapport albumine/globuline
inférieur à 0.6.

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5 - Diagnostic :
Le diagnostic de
la péritonite infectieuse féline est difficile. Il repose
sur l'examen des commémoratifs, l'observation des signes cliniques,
les résultats de laboratoire.
La forme
humide typique avec épanchement abdominal important, est sans
doute la plus facile à mettre en évidence. Mais l'analyse
histologique après biopsie ou autopsie reste le meilleur moyen
d'établir le diagnostic.
- Un diagnostic de suspicion sera posé sur
un jeune chat (de 6 mois à 5 ans), présentant une hyperthermie,
un amaigrissement, une inflammation de l'iris, de gros rein à
la palpation.
- Le diagnostic de certitude sera obtenu par analyse
du liquide d'épanchement thoracique ou abdominal, résultats
d'examens hématologiques, biochimiques et sérologiques.
La méthode P.C.R. (Polymerase Chain Reaction) à partir
de selles est un outil remarquable et ultra sensible des détections
des chats excréteurs de coronavirus.
La
recherche de l'infection par le virus leucémogène est
conseillé car ce virus paraît responsable dans 1 cas
sur 2 de l'évolution de la péritonite infectieuse féline.

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6 - Pronostic :
Le pronostic
est très défavorable puisque la plupart des cas sont
mortels dans un délai de 3 à 8 semaines depuis le début
de l'expression clinique. Il existe toutefois des guérisons
spontanées dans les formes à expression oculaire de
la maladie.

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7 - Pathogénie :
Le virus
de la P.I.F. se réplique dans les cellules épithéliales
de l'oropharynx ou du tractus respiratoire supérieur. L'infection
est généralement subclinique ou peut provoquer des signes
respiratoires bénins. Une fois que les anticorps sont formés,
les monocytes les capturent et, ainsi, s'infectent. Le virus est ensuite
disséminé à travers tout l'organisme par les
monocytes et gagne les zones périvasculaires. La périvascularite
qui en résulte est la lésion primitive. Cette lésion
correspond à un processus inflammatoire important, destructeur
des parois des vaisseaux qui provoque la libération dans les
cavités naturelles d'un sérum riche en protéines.
Ainsi se forme le liquide d'épanchement.

Dans de nombreux
cas il y a peu ou pas d'accumulation liquidienne, mais on trouve plutôt
des inflammations pyogranulomateuses multiples et périvasculaires
caractéristiques de la forme sèche.

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8 - Epidémiologie :
La
transmission du virus s'effectue par contact avec les muqueuses respiratoires
ou digestives. Le contact avec un animal excréteur est nécessaire.

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9 - Prophylaxie :
Aucun vaccin
n'est encore commercialisé en France. La prophylaxie sanitaire
constitue donc le seul moyen efficace de lutte contre cette maladie.
On peut
recommander l'isolement des malades et la désinfection des
locaux à l'aide d'eau de javel diluée au 1/30.
Dans une
chatterie infectée par des coronavirus, on conseillera :
- d'évaluer la contamination de l'effectif par un examen sérologique
de l'ensemble de la population.
- de former des bandes d'animaux au statut sérologique identique.
- de détecter les excréteurs de virus par la méthode
P.C.R.sur les selles.
- de limiter la circulation au sein de l'élevage.
- de limiter les contaminations extérieures en isolant les
nouveaux arrivants.
- d'éviter les expositions félines.
- de protéger les chatons en les isolant et les sevrant à
4 semaines si la mère est séropositive.

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10 - Traitement :
Il n'existe
aucun traitement efficace. Des rémissions de courtes durée
paraissent favorisées par des ponctions répétées
des épanchements et l'utilisation de Tylosine et de corticoïdes.
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11 - Législation :
La péritonite
infectieuse féline est une maladie visée par la loi
du 22 juin 1989 et inscrite sur la liste des vices rédhibitoires,
le délai de garantie pour porter un diagnostic de suspicion
est de 21 jours à dater de

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